10/03/2026
La thermographie électrique est vraiment une tour de Babel. Certains assureurs demandent à leurs clients de procéder à une inspection thermographique de leurs installations, mais il n’y en a pas deux qui ont les mêmes normes touchant la manière de procéder. Du côté des thermographes la procédure d’inspection n’est pas la même, malgré que la norme NFPA 70B qui est le standard le plus utilisé à travers le monde est bien précise.
Nous voyons la différence lors de l’ouverture des soumissions. Pour un travail qui nécessite 4 jours, nous voyons des soumissions à 1 ou 2 jours pour, selon les plus bas soumissionnaires, exécuter le même travail.
Que l’on soit débutant ou expert, retirer et remettre en place la façade d’un panneau à disjoncteurs requiert le même temps. Ouvrir un sectionneur pour voir les composantes internes prend le même temps. Prendre une image thermique prend le même temps. Mesurer l’ampérage prend le même temps. Prendre en note le nom de la composante, ses caractéristiques, les données d’ampérage que l’on a mesurées et apposer une étiquette prend le même temps. Regarder l’état interne et externe de la composante prend le même temps.
Se diriger d’une boite à l’autre pour faire une tournée complète de toutes les boites électriques du client prend le même temps. Expliquer à la personne qui nous accompagne les problèmes que l’on trouve, la cause et les solutions prend le même temps. Remplir les documents de SST du client prend le même temps. Donner un compte rendu en fin de travail pour éviter au client de recevoir un rapport complexe en surprise prend le même temps.
Si toutes les étapes que l’on doit faire pour une thermographie électrique selon la norme NFPA 70B sont suivies, les soumissions reçues devraient avoir sensiblement le même nombre d’heures, mais ce n’est pas le cas.
Le plus bas soumissionnaire est thermographe. Les assureurs acceptent ses rapports parce qu’ils sont rédigés selon les spécifications de leurs normes internes. Un bas soumissionnaire a déjà fait retirer une de mes soumissions en disant au client que ma méthode de travail était pour lui couter cher en réparation alors que la sienne ne touche que les points chauds. Dire aux clients qu’un panneau à disjoncteur (voir la photo) est dans un état lamentable qui risque de causer un incendie est dans notre définition de tache, mais exclue de la sienne. S’il n’y a pas de points chauds dans le panneau, il est considéré comme sécuritaire, est-ce le cas selon vous?
Ce qui permet aux thermographes de soumissionner à des prix ridicules est l’absence dans les normes de plusieurs assureurs d’une méthode de travail et de l’obligation de suivre les normes comme la norme NFPA 70B lors de la thermographie. Il faut juste mettre quelques photos de points chauds dans un rapport pour que tout le monde se sente en sécurité.